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Recruter un salarié : mes démarches

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Le salariat, une solution possible

Beaucoup d’agriculteurs ont besoin de repenser leur charge de travail suite aux évolutions de leur exploitation. L’embauche, solution la plus directe pour déléguer, n’est pas toujours une chose évidente. Pour s’y préparer il s’agit d’étudier les conséquences et de mesurer les étapes pour réussir le recrutement.

En 2016, le département des Ardennes compte près de 900 exploitations employeurs ce qui représente 30% des exploitations agricoles ardennaises. Si le nombre d’actifs non-salariés (chefs d’exploitations et co-exploitants) diminue de 3% en moyenne par an, il n’en est pas de même pour le nombre d’actifs salariés qui évolue légèrement chaque année, s’élevant désormais à plus de 2 000 salariés agricoles pour 876 Equivalents Temps Plein (ETP).

Les étapes clés avant le recrutement

1- Identification des besoins et conditions de faisabilité

 « Le travail » dans l’exploitation agricole ne peut pas être étudié en tant que tel. Il est un élément indissociable d’un système complexe où une ou des personnes agissent et décident en vue de satisfaire des finalités qui leur sont propres, dans un environnement donné. Les besoins sont qualitatifs et quantitatifs :

  • Quels sont mes objectifs ?
  • Quelle sont les missions à confier (conduite de matériel, traite, soins aux animaux…) ?
  • Quelle quantité de travail cela représente-il ?
  • De quel profil de salarié ai-je besoin (débutant, exécutant, autonome, responsable) ?  
  • Avec quel niveau de compétence ?
  • Quel budget est disponible ?
  • Qui peut prendre en charge la gestion administrative (bulletins de salaire, DSN, etc.) ?

 

2- Choisir l’option d’embauche adaptée

L'employeur retiendra les types de contrat de travail qui présentent le moins de contraintes juridiques et gestionnaires pour lui. Le choix du contrat de travail est toujours conditionné par les deux mêmes alternatives qui sont la durée  et le volume d’heures de travail:

  • Contrat à durée déterminée ou indéterminée
  • Embaucher à temps plein ? A temps partiel ?

 

Toutefois, si le temps partiel est privilégié, il existe des formules d’emploi partagé. Les exploitations peuvent avoir recours à des Entreprises de Travaux Agricoles (ETA), à des Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMA) ainsi qu’à des Groupements d’Employeurs (GE) en fonction des besoins.

Enfin, certains dispositifs sont liés à la personne embauchée ou à leurs secteurs géographiques. C’est le cas des « contrats aidés » qui depuis janvier 2018 sont transformés en parcours emploi compétences, les contrats de travail à durée déterminée d’insertion, les contrats d’apprentissage et contrats de professionnalisation… susceptibles d’être proposés à certains salariés et ouvrant droit, selon le contrat, à des exonérations de cotisations, des primes, des aides à la formation telles que les Emplois Francs avec les quartiers prioritaires de la ville (QPV)…

 

3- Définition d’un profil et une fiche de poste

Avant tout, il est très important d’identifier les tâches principales et secondaires que le salarié devra accomplir, son niveau de responsabilité et enfin mesurer le temps de présence nécessaire. Ces informations sont fondamentales pour dé­finir le profi­l du candidat recherché et par conséquent, pour rédiger la fi­che de poste correspondante. Celle-ci permet de mieux défi­nir le poste recherché et les compétences requises, les diplômes et les qualités humaines nécessaires à l’exercice des tâches.

Exemples :

  • Responsable de troupeau, ouvrier d’élevage, ouvrier polyvalent… ;
  • Compétences techniques et humaines ;
  • Niveau de formation ;
  • Débutant ou expérimenté.

 

4- Recruter le candidat

Une fois les étapes précédentes réalisées, l’offre d’emploi peut être rédigée en s’appuyant sur la fiche de poste et le profil recherché puis diffuser largement  (entourage, techniciens, petites annonces, établissements d’enseignement agricole, APECITA, pôle emploi…). Si un ou plusieurs candidats se manifestent, l’entretien d’embauche permet d’évaluer les compétences du salarié et l’adéquation avec le profil recherché.

Combien coûte un salarié agricole ?

La rémunération d’un salarié diffère en fonction de son poste et de son niveau de responsabilité. Son salaire est déterminé selon une grille dé­finie dans la convention collective des Ardennes auquel s’ajoutent les charges sociales (charge salariales, versées par le salarié et les charges patronales, versées par l’employeur).

Le coût total du salarié comprend :

Le salaire net + les charges salariales + les charges patronales

 

 

 

 

Cependant, la dépense occasionnée par le salaire annuel de l’employé permet de réduire le montant d’autres sources de dépenses telles que les cotisations sociales ou l’impôt sur le revenu de l’exploitation. Sans compter que des aides complémentaires peuvent être allouées au chef d’exploitation en fonction du type de contrat proposé au salarié.

Des aides à l’emploi

  • Réduction générale des cotisations patronales (ex-réduction Fillon) est une baisse des cotisations patronales sur les salaires inférieurs à 1,6 fois le SMIC soit 16,24 € en horaire brut relevant obligatoirement du régime d’assurance chômage.
  • Zone de Revitalisation Rurale (ZRR) et le Bassin d’emploi à redynamiser (BER) permettent d’avoir des exonérations fiscales et/ou cotisations sociales sous certaines conditions liées à  l’effectif et la nature de l’activité si l’entreprise se situe sur l’une de ces zones identifiées.
  • Quartiers prioritaires de la ville (QPV) – Emplois Francs permet de bénéficier d’exonérations de constations financière des entreprises (CFE) et de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB).
  • Zone de restructuration de la défense(ZRD) permet une franchis de cotisation patronales pendant 5 ans à compter de l’implantation ou de la création d’activité. L’exonération peut-être totale, dégressive ou nulle sur la rémunération.
  • Contrat Unique d’Insertion – contrat initiative emploi (CUI - CIE) pour le secteur marchand permet une aide départementale de 400€/mois pendant 12 mois maximum. Pour le Parcours emploi compétences (PEC) qui concerne le secteur non marchand une aide départementale à hauteur de 60% du salaire (maximum 20h/semaine) pendant 12 mois maximum.
  • – Parcours emploi compétences (PEC) prévoient une aide de 47% du SMIC brut (685 €/mois) pour l’embauche de public en situation particulièrement précaire.
  • Les Communautés de Communes des Portes du Luxembourg et de l’Ardennes Thiérache proposent aux agriculteurs une aide directe de 7 000€ versée en deux fois pour toute embauche en CDI de salarié agricole.
  • ARDAN, dispositif cofinancé par la Région Grand Est, qui vise à favoriser le développement des petites entreprises, entreprises artisanales et agricoles. L’entreprise agricole intègre un demandeur d’emploi pendant six mois, sous le statut de stagiaire de la formation professionnelle, montant de la formation 1500€.
  • Collectivité dans les territoires
  • Dispositif National d’Accompagnement (Dina) CUMA remplace les prêts bonifiés. Le DiNA Cuma se compose de deux volets dont une aide aux investissements immatériels (conseil stratégique) qui peut soutenir l’embauche d’un salarié.
  • Travailleurs saisonniers peuvent bénéficier d’exonération de cotisations et contributions patronales. Ce dispositif sera supprimé défensivement le 1er janvier 2021.
  • Travailleur handicapé permet uneaide financière pour satisfaire l’obligation de 6% des effectifs salariés pour les entreprises de moins de 20 salariés.
 

 

 

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mercredi 10 juin 2015